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COP30 à Belém : la Guyane en première ligne du débat climatique mondial — semaine 2

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À Belém, la 30e Conférence sur le climat (COP30) bat son plein et le pavillon de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) ne désemplit pas. La Guyane se place au cœur des échanges sur la place des peuples autochtones, la régulation de la biodiversité, l’exploitation des ressources naturelles et l’architecture respectueuse des territoires amazoniens.

Lundi 17 novembre

La semaine s’ouvre sous le signe de la recherche, de la jeunesse et du dialogue interculturel. L’Université de Guyane présente le projet de recherche HEAU, consacré aux relations entre l’homme, l’eau, les usages et les savoirs, ainsi que sa nouvelle licence en Langues, Enseignement et Médiation en Milieu Amazonien, qui forme des médiateurs ancrés dans les réalités du territoire. L’IFREMER et le WWF détaillent, de leur côté, la création d’indicateurs de suivi pour les milieux aquatiques transfrontaliers, essentiels à une gestion partagée des ressources.

En parallèle, plusieurs temps forts mettent à l’honneur les peuples autochtones et la coopération scientifique, avec le MNHN, GADEPAM et des partenaires brésiliens. Les Wayana‑Apalaï et les Mebêngôkre‑Kayapo ouvrent un dialogue puissant sur la gestion millénaire des ressources, avant que la Local Conference of Youth Guyane ne donne la parole aux jeunes, à la croisée des savoirs académiques, des traditions et de l’engagement citoyen.

Mardi 18 novembre

La journée du mardi valorise la diversité des acteurs guyanais autour des enjeux de déforestation, d’architecture, de culture et de biodiversité. Guyane Nature Environnement alerte sur la déforestation liée à l’activité aurifère, tandis que l’Ordre des architectes propose l’exposition “Architectures amazoniennes à l’horizon”, démontrant qu’un aménagement du territoire respectueux des spécificités locales est possible et souhaitable.

Conférences, films et débats s’enchaînent autour de l’art wayana‑apalaï, avec la projection du court métrage sur la poterie « En terre indigène », portés par GADEPAM, l’ITEMKOM, le Parc amazonien de Guyane et l’Université de Guyane. Ces rendez‑vous composent une galerie de portraits d’habitant·es de Guyane, où culture, identité et lutte contre le changement climatique se répondent.

Mercredi 19 novembre

Le mercredi se vit sur le terrain, avec une visite organisée aux côtés de la Delegação do Amapá et d’ICLEI (Gouvernements locaux pour le développement durable), complétée par des échanges entre Caritas Brésil et Caritas Guyane. Les interventions de Guyane Forest Initiative, Nature Rights Guyane, du Réseau des Savoirs de la Forêt et du Parc amazonien de Guyane mettent en avant les méthodes bas carbones, la conservation du jaguar et la gestion durable des forêts tropicales.

En fin de journée, le Conseil régional de l’Ordre des Architectes de Guyane (CROA) revient sur l’évolution de la bande côtière guyanaise et ouvre des pistes pour construire dans des zones de submersion évolutives, au plus près des réalités du littoral.

Jeudi 20 novembre

Pour cette dernière journée de la semaine, la Guyane met l’accent sur les solutions concrètes pour les territoires dégradés et les économies locales. Guyane Forest Initiative détaille l’importance du Label Bas Carbone Terres Agricoles pour redonner une vocation durable aux zones dégradées, tandis que Guyane Nature Environnement met en lumière le potentiel d’écotourisme et d’agrotourisme durable sur le territoire.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) interroge l’exploitation maritime intense sur le plateau des Guyanes et le renouvellement de la ressource halieutique, posant les bases d’une gestion plus responsable. Enfin, le CROA partage ses travaux sur la réhabilitation durable des logements insalubres et l’amélioration de la qualité de vie, bouclant une semaine où la Guyane s’affirme comme un laboratoire vivant de la transition écologique et sociale en Amazonie.

Objectifs principaux de la COP30

Il était nécessaire qu’une délégation soit présente chez nos voisins dans un pavillon complémentaire mais indépendant à l’espace France. Les conséquences du changement climatique et de la pollution affectent directement le territoire, ainsi, qu’il s’agisse de faire le point pour l’anniversaire des accords de Paris, de parler de l’exploitation responsable du bois de Guyane, du désenclavement numérique des populations amazonienne, de la gestion partagée des ressources en eaux du plateau des Guyane, de présenter des solutions innovantes ou encore de mobiliser les financements publics climatique afin de limiter la hausse de la température, ce fût deux semaines chargées en rencontres et évènements.